samedi 14 avril 2007

La journée de l’entreprise

Certains ont la journée de la secrétaire, nous on a la journée de l’entreprise.
Je ne pouvais pas passer à coté du discourt du président de la république, en cette journée de l’entreprise. D’autant que l’on indique dans l’article de La presse que Le président de l’UTICA : appel réitéré au Président Ben Ali à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2009.

Et même si je suis trop charrette pour faire un roman, je m’engage dans une tentative de critique constructive.

« Garantir un environnement économique sain pour une entreprise moderne, innovante et compétitive …» Ainsi peut-on résumer le discourt du président de la république.

On notera un certain nombre de mesures positives et des initiatives qui vont vers le bon sens. Toutefois, ça permet d’attendre sans être à la hauteur des enjeux.

Lorsque par exemple, on dit que l’on veut interdire à des anciens fonctionnaires de concourir à des marchés publics pendant 5 ans. On ignore que la majorité des gens, qui ont recourt à distorsions de concurrences, restent plutôt dans ces administrations, pour garder leur influence. C’est au travers de leurs proches, qu’ils s’enrichissent : leurs enfants, leurs femmes, les beaux frères, leurs belles sœurs…

Des exemples en Afrique, il y en a, monsieur Wad a un fils, monsieur Ben Ali a des beaux frères…

Ce qui est fait contre ceux qui ont quitté l’administration est bien, pourquoi ne fait on rien contre ceux qui sont encore dans l’administration ? a-t-on peut d’une contestation interne ?

Pour ce qui est des mesures d’incitations économiques, ça reste très académique, très universitaire, la Tunisie montre bien là, que dans ce domaine, elle ne manque pas d’économistes compétents. Par contre, les mesures qui permettraient de régler les 80% des problèmes, elles ne sont pas là...

C’est plutôt anecdotique, mais notre entreprise, qui est totalement exportatrice sur dans un secteur à forte valeur ajouté, se trouve sans internet depuis deux jours..., alors que le président en personne, dit que ses entreprises font l’objet de toute son attention.

Entre Tunisie télécom et Globalnet personne ne sais vous dire quant la connexion peut revenir. Personne ne vous prévient et personne n’est organisé pour vous régler votre problème.

C’est une anecdote, mais elle illustre bien le déphasage en un pouvoir technocratique à la pointe de la stratégie économique et une population active, blasée, déprimée et en partie frustrée par leurs problèmes quotidiens.

C’est un gros nuage qui mine totalement l’espérance et la dynamique de toute énergie en mouvement dans cette espace, qu’est le monde du travail tunisien.

Pourtant les solutions existent et le « potentiel énergétique » des jeunes diplômés existe, il n’a juste besoin que d’un choc psychologique pour être réveillé.

Le choc, c’est la démonstration que l’on marche tous dans le même sens pour sortir de l’obscurité. Cette démonstration ne viendra que par le démantèlement de fortunes amassées illégalement par les plus gros escots du pays, qui sont connus de tous et qui vivent sans inquiétudes car un grand nombre mange dans leur assiette.

C’est sans doute la seule manière de réveiller le monde du travail, en démontrant concrètement que la seule route pour réussir c’est le travail et le talant et non pas la fourberie et l’escroquerie.

3 commentaires:

Saied a dit…

Tu abordes plusieurs problèmes à la fois.

Il serait plus judicieux de restreindre l’analyse aux petites et moyennes entreprises (PME), au moins dans un premier temps.

Beaucoup a été fait pour encourager l’émergence d’un tissu de PME dans le pays.

On ne peut pas nier cette réalité sous prétexte que l’entreprise ne n’a plus accès au Net depuis 2 jours (je vis en France et il m’est arrivé d’être privé du Net pour plusieurs jours).

:)

Saied a dit…

On ne mesure pas la corruption.

On mesure LA PERCEPTION DE LA CORRUPTION (ransparency.org).

Cette dernière serait plus grande en Tunisie qu’en Europe.

Et alors ?

Ce n’est pas une raison pour baisser les bras.

Entretenir l’idée selon laquelle le pays serait corrompu est néfaste pour le climat des affaires.

C’est vrai pour le Togo. C’est vrai pour la Finlande. C’est aussi vrai pour la Tunisie.

Tun-68 a dit…

Personne ne dit que la corruption est un problème pour agir. Elle est juste un frein à la performance, car des gens moins performants utilisent la corruption comme un pouvoir de marché pour optimiser leur profit personnel. Elle n’est pas un frein pour toi et moi, elle est un frein pour ceux qui calculent leur niveau de placement dans un pays suivant la performance d’un pays. Si notre but est d’améliorer les choses, nous devons nous battre sur la question même si nous agissons.
Dans aucun pays la corruption est nulle, c'est vrai. Toutefois je ne suis pas d'accord qu'elle ne soit pas mesurable, car dans ce cas toutes les formes de marchés ne sont pas mesurables et l'économétrie serait alors une aberration universitaire. Ou encore toutes les constructions autour du risque moral en assurance et autour des modélisations en assurance seraient aussi des aberrations.
La corruption, c’est vrai, est une appréhension dans la théorie des jeux. Elle intervient dans les échanges sociaux, plus ou moins, suivant ce qu’un individu est capable d’appréhender au niveau de la moralité des autres agents. Cette appréhension est intégrée dans sa maximisation des gains. Cette même maximisation est limitée par sa propre moralité. Ainsi, la corruption intervient à deux échelles.
Par exemple, un entrepreneur français peut avoir un comportement plus étique dans son pays, qu’un entrepreneur Tunisien dans son pays et être moins étique que lui dans un pays tiers comme en Algérie par exemple. Tous est lié, non seulement à votre appréhension de votre environnement, mais aussi à votre « amour » pour le pays en question.
Je dis amour volontairement car c’est l’énergie qui vous pousse vers l’autre. Pour rire un peu, on dira que l’amour des siens « de l’humanité » est un frein à la corruption.
C’est en gros la maturité d’une société, la conscience d’une société, c’est l’intelligence collective d’une société, qui peut contenir le niveau de corruption et donnant un signal, qui fait changer le calcul de maximisation des gains de l’agent économique.
En dehors de ça, la corruption est un facture qui peut être mesuré, via un certain nombre de paramètres, dont ceux qui mesures les risques pays et tant d’autres