dimanche 27 mai 2007

Pourquoi les entreprises privées doivent-elles financer l'art et la culture?

Au-delà du vocabulaire la communication renvoie à des référents culturels et artistiques : littératures, citation, dictons, mimes, images…

Qu’il s’agisse de nouveaux mots composés, "faire le zouave" qui veut dire "faire le malin", ou de nouveaux mots créée Zouaver qui veut dire au Niger "magouiller en affaires". Le vocabulaire renvoi à des sens et ces sens ne sont compris que si vous avez connaissance du référent.

Et si je vous dis aller à « jdaida », il faut vraiment venir d’une région spécifique de la Tunisie pour comprendre que ça veut dire aller au bout du monde.

il ne suffit donc pas de connaître le vocabulaire, pour comprendre le sens de la communication, des divergences dans les référents peuvent être à la source de nombreuses incompréhensions pour des gens parlant une même langue.

Si vous êtes tunisien, il ne vous suffit pas de parler Français pour vous faire comprendre parfaitement par un Québécois, il vous faut connaître ses référents culturels. Ainsi une citation de trois mots dans une communication de trois pages peut contenir plus la moitié du sens du message. Ne pas en maîtriser le sens, peut vous induire en erreur dans la compréhension du message.

De nos jours, sont très rares, ceux qui citent Camus ou Sartre dans leur langage de tout les jours, la mode est plutôt à citer les guignols de l’info ou une expression publicitaire qui passe en boucle à la télévision. Et si je vous dis « A que coucou » vous comprenez sans doute de quel chanteur il s’agit.

Dans une entreprise, si l’on veut que les individus puissent se comprendre au mieux, il faudrait d’abord qu’ils aient une base commune de référents et que cette base soit la plus large que possible. Si l’on veut être une entreprise internationale, il faudrait que cette base soit non seulement reconnue au niveau mondial, mais aussi avec un spectre aussi étendu les champs de l’activité de l’entreprise.

Cette base, ce référent, c’est la culture et l’art. En dehors de la créativité que cela peut générer dans l’entreprise, l’art et la culture sont des vecteurs de productivité. Démonstration ci-après :

Supposons deux entreprises qui doivent produire, en un temps limité, un travail qui vaut 1500 points, avec une équipe de 9 individus de trois domaines d’activités différents.

Dans chaque équipe de trois individus, lorsqu’une personne connaît une information qui vaut 1 point, elle peut permettre à l’autre personne de reproduire se point si la communication entre eux est parfaite.

Dans la première entreprise les équipes sont composées d’une personne qui détient 120 points d’information, une autre à 100 points d’information et une troisième à 80 points d’information.

Dans la deuxième entreprise les équipes sont composées d’une personne qui détient 100 points d’information, une autre 60 points d’information et une troisième à 40 points d’information.

La deuxième entreprise a des équipes dotées d’un très bon niveau de communication 100% de l’information est transmise d’un individu à l’autre d’une même équipe et 75% de l’information est transmise d’une équipe à l’autre.

La première entreprise a des équipes dotées d’une communication plus médiocre 75% de l’information est transmise d’un individu à l’autre d’une même équipe et 50% de l’information est transmise d’une équipe à l’autre.

Donc pour la première entreprise :
Par individu on a :
Individu 1 = 120 +0,75 x (100 + 80 ) = 255 points
Individu 2 = 100 +0,75 x (120 + 80 ) = 250 points
Individu 3 = 80 +0,75 x (120 + 100 ) = 245 points

Par équipe on a :
équipe 1 = 255 +0,50 x (250 + 245) = 502,5 points
Équipe 2 = 250 +0,50 x (255 + 245) = 500 points
équipe 3 = 245 +0,50 x (255 + 250) = 497,5 points

Soit un total de 1500 points, produit par l’entreprise 1 avec un effectif d’une compétence initiale de 900 points

Pour la deuxième entreprise :
Par individu on a : 120 + 60 + 40 = 200 points

Par équipe on a : 200 +0,75 x (200 + 200) = 500

Soit un total de 1500 points, produit par l’entreprise 2 avec un effectif d’une compétence initiale de 600 points.

La première entre entreprise a une productivité de 1,66 et la deuxième de 2,5, en augmentant de 25 % la qualité de communication entre les individus d’une même entreprise composée d’une hiérarchie, on augmente de 50% sa productivité.

Si vous multipliez par n le niveau de hiérarchie, vous obtenez un effet exponentiel, et vous arrivez à la conclusion, que pour qu’une taille d’entreprise puisse exister dans un pays, il faut que dans ce pays, la capacité de communication doit être supérieure à un certain niveau.

d'où l'intérêt des entreprises qui veulent croitre et prendre de nouveaux marchés, d'accroitre la base artistique et culturelle des individus qui vivent dans l'entreprise, afin d'atteindre le niveau de communication requis.

3 commentaires:

Saied a dit…

Une communication efficace est un facteur de réussite. C'est vrai dans une entreprise. C'est aussi vrai dans une classe d'élèves.

Je distingue deux types de communications.

1- La communication DANS l'entreprise. Elle relève du Management. Un bon manager doit savoir communiquer avec ses équipes. Ce n'est pas toujours facile.

2- La communication business to business (B2B) ou business to consumer (B2C). Partenaires et cliens ont chacun, en effet, leur culture (d'entreprise). Ceci est vrai à l'intérieur même d'un pays.

Investir dans l'art et la culture ? C'est un peu vague comme idée :)

Amener les salariés à connaître Jean-Paul Sartre (ou Léopold Sédar Senghor) N'est PAS vraiment le rôle de l'entreprise ?

L'entreprise peut investir dans le développement des compétences de ses employés en proposant PLUTOT des formations en communication d'entreprise, gestions de relations avec fournisseurs & clients...

Mani l'Africain a dit…

tu soulèves un problème important. Je comprendrais plutôt "culture" comme "culture d'entreprise" et pas culture de sartre et Cie. si une culture d'entreprise favorise la communication, elle sera plus productive, c'est en gros ce que tu essaies de dire, non ?

Un slogan qui reste ds mon esprit est "Think global, Act local". Je crois que c'est IBM ca, mais pas sûr. Plus la boite est grosse plus les pbs culturels sont colossaux, d'où le management par objectifs par exple, ou autre solution du genre. Exple très parlant de l'adaptation de la culture d'entreprise à la culture locale : Mc Donald en france !

Mais j'aimerais bien que tu appliques les principes à un pays comme la tunisie !

Fritz Jörn a dit…

French is such a fine language; I’d never try to use it myself. Anyway: I can read it, and I’ve been working with words half of my life. PR, technical journalism, language, spelling and style tips. This time « faire le zouave » hit me in Hergés preparations to fly his protagonists to the moon (before the Americans). I googled around, found lots of zouaves and zuaves, all quite serious soldiers—except in a sketch by Buster Keaton, “The Playhouse”, where he’s asked to get some suaves for the stage (and offers a pack of synonymous cigarettes at first). See it in the web. OK. Now Hergé certainly would not have professeur Tournesol cheating, is Belgian, not from Niger. Tournesol is rather accused of playing the fool, the willing subordinate. I ask: Why would proud and courageous soldiers end up as untrustworthy or fools? And I guess zouaves were seen—despite today’s political correctness—as 3rd class, as low level, as mentally a bit from retarded places, willing fools. Zouave must have been quite a negative expression, at least someone to laugh about on stage. What do you think? And good luck to your efforts, Fritz@Joern.com